........18 février 1951. Bive-Usap au programme du Championnat de France. 3 à 0 pour les Brivistes au terme des débats. Compte-rendu (à la sauce corrézienne), le lendemain dans L’Indépendant. Succint, insipide et sans saveur. C’est le surlendemain que l’on a la version catalane, plus pimentée.
........Le titre est accrocheur/tapageur/alarmant… « Si nous avions gagné, ils nous auraient tués. »… Aïe ! Mais que s’est-il donc passé ?... Si ce n’est pas Apocalypse now, ça y ressemble. « Heureusement, l’Usap fut battue et seuls, Gatounes et Conill sont sérieusement blessés. » Ne voilà-t-il pas que l’Usap se plaît à trouver un échec heureux et à remercier le Seigneur de n’avoir que deux blessés sérieux. Tous deux piliers de mêlée… Roger Gatounes fut « la grande peur des dirigeants. » Par chance, deux médecins made in Roussillon (les docteurs Bacou et Lacaze) avaient fait le déplacement avec le Club des Mimosas (150 participants) et prodiguèrent des soins, attentifs et judicieux. « KO dix minutes. A terre, il fut victime d’un coup de pied volontaire qui l’atteignit dans la tête. Il tenta de reprendre le match, erra sur le terrain, s’affala à nouveau et dut sortir. Il ne reprit pleinement conscience que dans la Micheline de retour, sur le coup de 23h, du côté de Montauban. » On craignait une fracture du crâne. Il n’en fut, Dieu soit loué, rien… Joseph Conill reçut un coup de pied au genou qui prit dans les moments qui suivirent des proportions plus qu’inquiétantes. Il fut doublement handicapé, tant dans ses déplacements sur le terrain que dans le gain du ballon lors des phases de combat. Pratiquement inutile, il ne joua plus que les utilités… Avec deux piliers sur le flanc, la mêlée de l’Usap fut inexistante… Et ce n’est que lorsque les Catalans opérèrent à 13 que Brive marqua l’essai et les 3 points du succès.
........Pas de victoire possible donc. Mais le match nul ? Etait-il envisageable ?... « Si nous avions fait match nul, (…) Marcel Graule, notre juge de touche, ne serait pas sorti vivant du stade. » Il dut d’ailleurs être protégé par la Maréchaussée au terme des 80 minutes, tout comme M.Andrieu, le directeur de jeu de la rencontre : « Heureusement que nous avons eu cet arbitre. Sans cela, nos ramenions 20 points… et des morts. »… Et des morts ! Des mots qui sonnent comme le tocsin de nos églises. Ils sont de Fernand Vaquer, l’entraîneur des troupes usapistes. Concluons… Il est des fois où la défaite est heureuse.… On le sait en Pays catalan. Depuis un déplacement à Brive, le 18 février 1951.

...........................................................................................................C.Achère