(Ce n’est pas moi qui le dis)

.......12mai 1985, le quart de finale du Championnat de France Balandrade met un derby au menu : Esc-Bac contre Usap sur le terrain d’Argelès-sur-Mer… « Match serré, viril mais correct jusqu’à la… 70ème minute (dit le compte-rendu) lorsque l’arbitre se vit contraint d’arrêter la partie sur bagarre générale, également sanctionnée par l’expulsion de deux joueurs. »… Correct ? On apprend quand même que deux joueurs (de l’Usap) ont été conduits à l’hôpital : un avait avalé sa langue, l’autre a la mâchoire fêlée. Et qu’un autre (joueur, de l’Esc-Bac cette fois), poursuivant l’arbitre, a passé le bras à travers une vitre, se causant une plaie qui a nécessité la pose de 20 points de suture… Alors, correct ? Ah oui, jusqu’à la 70ème minute.
........Un peu plus tard, Marc Brazés, le président de l’Usap, prend sa plume. « Le rugby assassiné », titre-t-il dans L’Indépendant et parle « des visages déformés par la haine autour des barrières », « d’un match qui se transforme en émeute », « d’une parodie de rugby », Il conclut par un pathétique « Si mon fils avait été présent sur le terrain, j’aurais eu peur. Il faut que ça cesse. » Il convie dès lors les éducateurs, tous, à se mettre autour d’une table pour « œuvrer à résoudre le problème. »… Ainsi soit-il !
........Un peu plus tard encore, André Gély, supporteur de l’Esc-Bac apporte (sa) réponse… Il fait lui aussi référence à un « assassinat » dans son titre et il parle de « gagne petit » s’interrogeant sur la normalité/l’anormalité de la présence de l’Usap dans la compétition Balandrade « alors qu’elle est si importante pour les clubs de villages. » Il soulève alors un (vrai) problème : « Peut-on laisser un seul arbitre au centre du terrain pour diriger de telles rencontres ? » Et de préconiser l’intervention d’arbitres de touche assermentés… Tiens ! Il en est ainsi de nos jours ! Au plus haut niveau tout au moins… Le quart de finale Usap contre Esc-Bac du 12 mai 1985 ne se sera pas joué pour rien. Même s’il est bigrement dommage/dommageable pour le renom du rugby !... Je n’aurais peut-être pas dû le ressortir des tiroirs. Peut-être !
..............................................................................................C.Achère