Le samedi 2 janvier 1937, les membres du Bureau du Comité du Roussillon se réunissent et prennent une décision que je juge judicieuse parce qu’elle paraît frappée du sceau du bon sens, mais insolite car elle n’avait jamais effleuré la pensée de quiconque jusqu’ici… Il s’agit de savoir si les joueurs et leurs dirigeants connaissent ou veulent connaître les règlements du sport qu’ils pratiquent. Sont donc créés deux brevets distincts. Le brevet de joueur et le brevet de dirigeant.
Le brevet du joueur comporte un examen à passer devant une commission de trois membres. C’est un questionnement sur les règles du « football rugby », règles qui figurent sur l’annuaire édité par la Ffr. Si le joueur satisfait à cette épreuve, il reçoit un diplôme et un… insigne spécial, un écusson qu’il peut porter, cousu sur son maillot lors des matchs. Ecusson qui en fait un homo sapiens, l’homme qui connaît les subtilités du règlement.
Le brevet du dirigeant est grandement calqué sur le brevet du joueur. La connaissance des règles du football rugby est identique mais on y ajoute des questions sur le règlement intérieur qui figure sur l’annuaire du Comité du Roussillon et des questions sur les règlements généraux de la Fédération. C’est plus complet. Comme le joueur, le dirigeant qui satisfait aux épreuves reçoit un certificat et un écusson. Libre à lui de le coudre sur son veston.
En fin de saison, tout club ayant trois joueurs brevetés (dont le capitaine de l’équipe) et deux dirigeants également brevetés (dont le secrétaire général) se voit attribuer une plaquette distinctive qui en fait un bon élève aux yeux de tous.
Une mesure donne à penser que l’initiative ne va pas soulever l’enthousiasme dans les rangs du monde du rugby catalan et que les membres du Comité en sont conscients. Ils imposent que « toute nouvelle demande d’affiliation ne soit retenue qui si le club postulant présente deux brevetés dans son Bureau. »
Je vous répète que je juge ces décisions sensées, insolites, innovantes et judicieuses. On allait enfin avoir des gens qui sauraient de quoi ils parlent en s’appuyant sur des règles apprises ailleurs qu’au zinc du Café des sports du village. Oui mais je me dois à la vérité de confesser, qu’archives compulsant, je n’ai pas retrouvé trace de l’application de ce vœu pieux. C’est souvent le cas en notre bas monde, les plus beaux projets restent lettre morte.
.......................................................................................................C.Achère