........On inaugure ce jour « le nouveau terrain du Rcl ». Le Rcl, c’est le Racing club laurentin (de Saint Laurent de la Salanque)… Peut-être sur l’emplacement actuel des stades des Maso père et fils, Jep et Jo. Les seuls en France à avoir , pas côte à côte mais tout près l’un de l’autre – une portée de drop-goal de bon calibre – une aire de rugby à leurs patronymes. On ne lui donne pas de nom et on en parle en citant le « Parc des sports » dont on vante « les lignes harmonieuses et les couleurs éclatantes. »
........Nous sommes le 19 janvier 1936. Un 19 janvier, il n’est pas rare qu’il fasse froid. Un froid vif de saison. Mais l’ambiance va réchauffer le monde. Dès « 12h30, à l’ouverture des portes, les spectateurs sont nombreux. » Il y a deux matchs au programme : St Laurent juniors contre Salces et Saint Laurent (seniors) face au Sop. « Des disques bien choisis permettent d’attendre. », M.Urbain Paret, conseiller d’arrondissement, y va de son allocution (de bien-venue et d’inauguration) au micro. L’exhibition du Dancing laurentin est hautement appréciée. L’ambiance monte, monte, monte.
........A 15h, les deux équipes font leur entrée sur le terrain. Le Rcl joue en maillots blancs. Un blanc encore immaculé qu’ont revêtu Torreilles : Baux, Roger, Sécolier : (o) Henric, (m) Got : R.Joué, M, Joué, L.Joué : Ausseil, Canal ; Camo, Gras et Sorby. La présence de la fa-mille Joué, squattant la totalité de la troisième ligne, est rassurante. Elle donne beaucoup de cohésion et de solidarité au groupe. Henric assure le capitanat… En première période, le score reste vierge. « Le jeu progresse d’un camp à l’autre sans qu’une équipe ne parvienne à mar-quer. » Il est vigoureux mais manque de tranchant. Le « nombreux » public commence à ma-nifester son impatience. Faut faire quelque chose. Euréka ! Les organisateurs ont trouvé. A la pause, ils apportent (non, non ! pas des citons comme il était de coutume) mais deux gros ré-cipients de… « vin chaud ». D’une part, vous rappelez la date ? On devait grelotter à attendre la balle. D’autre part, c’est le truc à donner un sacré coup de fouet aux énergies lorsqu’elles semblent défaillir… Chose prévue, chose vraie… La deuxième mi-temps est plus enlevée. Le Sop (« 15 joueurs rapides et adroits ») fait valoir sa « supériorité » et mène nombre d’attaques tranchantes. Le Rcl redouble de vigilance en défense et plaque à tour de bras pour endiguer ces déferlantes… En fait le Rcl ne craque qu’une fois, laisse passer un adversaire sopiste qui déflore le score et assure le succès des siens… Une chose est sure dans l’esprit de tous. C’est le « vin chaud » de la pause qui a tiré le match de sa monotonie… Il faudra que les dirigeants et les entraîneurs de nos jours s’en souviennent. Un match insipide et hop !, une bonne rasade de « vin chaud » et le voilà boosté. Mais est-ce que ce sera la dope indétectable au moment du contrôle (inopiné) de la Commission ad hoc ? Faut voir. Ne vous précipitez pas. Faut voir ! Faudrait pas qu’on vous annule le résultat de la rencontre pour prise de substances dopantes illicites.

...............................................................................................................................................Jo Socdelac.