.......Il n’était pas rare, il était même fréquent, au début du « football-rugby » de voir les adeptes du ballon ovale assouvir leur soif de sport en pratiquant l’athlétisme pendant tous les mois d’été… Pourtant dans les années 35, les sportifs ont commencé à se spécialiser. Mais ne voilà-t-il pas qu’en cette fin de campagne rugbystique 1947-1948, la section athlétisme de l’Usap nous sort un « marcheur Parisé » de ses tiroirs qui regorgent de talents. Et de talent, ce Parisé-ci n’en manque pas. Mais qui est-il ?... Pierre, le pilier de mêlée ? Les archives taisent le prénom et nous laissent dans l’ignorance... Il serait toutefois délicat à un pilier de mêlée de promener son poids à un rythme soutenu sur les routes de France, reconnaissons-le. Optons donc pour un autre Parisé. Un Parisé athlète, rien qu’athlète. Pas joueur de rugby.
.......Bref ! En ce 30 juin 1948, Parisé-l’athlète-marcheur usapiste est « au stade militaire du Champ de Mars » de Perpignan, devant « quelques initiés », pisté par trois chronométreurs fédéraux (Danoy, Fabre et Savoyen) chargés de contrôler et éventuellement officialiser la tentative de record… Parce que Parisé se sent en jambes pour réaliser un exploit sur 10 kilomètres… « Il démarre à fond », puis adopte « une allure régulière » entre 1 minute 50 secondes et 1 minute 55, au tour de 415 mètres. Il passe les 5 kilomètres en 22 minutes 57 secondes et 2 dixièmes. Il flanche un tantinet à mi-course, ralentit légèrement mais retrouve vite une régularité de métronome et « termine très frais » un 10km parcouru en 46 minutes et 48 secondes.
.......Moins de 47 minutes sur 10 km !!!... 1) C’est un excellent temps. Essayez-vous donc lors de votre promenade dominicale et vous vous apercevrez qu’il faut de belles jambes… 2) C’est un excellent temps (bis !) qui place Parisé au troisième rang français derrière le champion Maggi (45 minutes 28 secondes) et son dauphin Courron (46 minutes 16 secondes), les deux meilleurs nationaux du moment… Déjà champion du Languedoc, notre Parisé de l’Usap grimpe dans la hiérarchie nationale. Il est sur le podium tricolore. Dans l’euphorie de la réussite, les Catalans que nous sommes se mettent même à penser/rêver que Parisé ira nous représenter (avec Christian d’Oriola, en escrime, lui) aux Jeux Olympiques de Londres qui se profilent (été 1948)… Et puis non ! Parisé est resté sur ses bases en Roussillon. Dommage, ça nous aurait fait tellement plaisir !

............................................................................................................................................Jo Socdelac