.......Le 19 mars 1948, l’International Rugby Board décide que la valeur du drop-goal sera déclassée… Est-ce une grande annonce ? Pas vraiment... Quand le drop-goal rétrograde de 4 à 3 points en début de saison 48-49, il faut remonter au 24 novembre 1946 (pratiquement 2 saisons avant) pour voir un Usapiste (Noël Brazés) tenter et réussir dans cet exercice (face à Tarbes en Championnat) le dernier drop-goal usapiste à 4 points. Ce n’est donc pas une phase de jeu prisée (par les sociétaires de l’Usap tout au moins)… Un coup d’œil sur les saisons de reprise après Deuxième Guerre Mondiale fait d’ailleurs apparaître un bilan usapiste pauvre dans ce secteur de jeu : pas de drop-goal en 42-43, 44-45, 45-46, 47-48, 48-49 ; 1 en 46-47 ; 4 en 43-44 (ce qui est présenté comme un record dans le genre)… 5 campagnes sur 7 sans le moindre drop-goal. Le constat est édifiant.
.......Le 8 janvier 1950, l’Usap reçoit Lourdes (dite « la meilleure équipe du moment ») en Championnat. La rencontre est présentée comme « le match de la saison ». Ce jour-là, le Docteur Jean Teulière, qui opère à l’ouverture et assure le capitanat en l’absence de Noël Brazés, glisse un drop-goal (le premier à 3 points pour l’Usap en Championnat) et desserre l’étreinte alors que les Lourdais étaient menaçants et affichaient encore des prétentions. Le Fc.Lourdes s’incline. La Presse parle de « miracle » (Ouais ! Facile !). J’y vois moi une… apparition (Ouais ! Encore plus fastoche !) dans la mesure où une véritable… « dropite » va dès lors s’abattre sur une Usap tout à coup séduite par cette possibilité de marque.
A compter du match de Lourdes Jean Teulières-l’ouvreur et Henri Cabaribère-le-centre se lancent dans un mano à mano aussi superbe qu’insolite… 2 drop-goals contre Albi ; 2 encore devant Angoulême ; 2 toujours face à Bergerac. Ajoutez-y celui de Jean Teulière le jour de la réception de Lourdes et vous êtes à 7 drop-goals sur 4 parties à la suite (et pour le millésime 49-50)… C’est grave, Docteur Jean Teulière ?

Certainement pas !... Pour vous confirmer l’importance du drop-goal, je ne vous redirai pas comment le Parisien Jules Plisson, dans les ultimes secondes de jeu, a littéralement plombé la saison 2013-2014 de l’Usap ; comment Jonny Wilkinson a gagné une Coupe du Monde… Vous connaissez l’importance qu’a prise le drop-goal (même ramenée à 3 points) dans le rugby moderne… Je vous remémorerai  simplement le podium de l’Usap, en Championnat, toutes époques confondues : 1) 1992-1993, 17 drop-goals ; 2) 1996-1997 et 1995-1996, 16 drop-goals ; 3) 1979-1980, 15 drop-goals… Mais le top départ, il faut aller le chercher en 49-50, dans les pieds de Jean Teulière et Henri Cabaribère, forts de leurs 7 réussites. Tout démarre contre Lourdes. Une révélation (Ouais, ouais ! De plus en plus, easy !).

.........................................................................................................Jo Socdelac