.......André Sanac a joué au Puc. Du temps de son service militaire. Revenu au Pays, il a laissé à Paris de grosses amitiés… Voilà que les étudiants pucistes se coulent dans le survet des ambassadeurs du rugby et montent une tournée de propagande loin de France, à Madasgascar. Voilà qu’ils sont en manque de secondes lignes. Voilà qu’ils pensent à se faire renforcer par leur copain, André Sanac… Coup de chance, le mois d’octobre est là, la vendange est faite et la saison n’a pas encore totalement commencée dans la maison Usap. André a besoin de se changer les idées. Il accepte. Il portera le maillot du Puc du côté de Tananarive.
.......Comment se déroule la tournée ?... Je ne sais. Rien dans les archives… Certainement un savant mélange de sérieux et de déconne-grave, comme savent si bien le faire les étudiants. Faut bien que jeunesse se fasse.
.......Je sais par contre que le retour est mouvementé… L’avion d’Air France connaît « une légère avarie » et doit se poser (en catastrophe ?) pour une escale imprévue en « Afrique orientale anglaise »), dans « la région du mont Kénia (je vous le dis comme c’est écrit) ». Maintenant qu’on est là, faut bien tuer le temps… Un match (oui, oui !) de rugby (bien sûr) est organisé contre des British qui traînent là crampons. Un beau match qui ravit et déride les colons européens en mal du passe temps dont ils pouvaient goûter à satiété Outre-Manche.
.......Et puisque tout le monde il est beau, tout le monde il est content, les autochtones déracinés pensent à remercier les visiteurs de passage… On met un safari sur pied… La chasse ! André Sanac aime ça, lui qui arpente les lopins de terre qui entourent Trouillas à la recherche de ce lapin, de ce perdreau ou de cette caille qui agrémentera le repas de famille. D’un sanglier parfois. La chasse ? Youpi ! Il saute de joie.
.......Oui mais ce n’est pas le lapin, le perdreau ou la caille qui va ce jour garnir sa gibecière. Pas le sanglier non plus… Je cite (les archives). « André Sanac serait pour beaucoup dans la capture (sic !) d’un pachyderme femelle d’un poids respectable de 4.000 livres. »… Serait pour beaucoup !... Cela veut très certainement dire qu’ André Sanac a grandement/vaillamment/superbement participé à la battue. Mais, prudence, on utilise le conditionnel avant de consacrer André Sanac roi des « chasseurs d’éléphants ».
.......Pendant ce temps, l’Usap aussi fourbit ses armes. En ce 5 octobre 1952, les Usapites reçoivent Castres. En Challenge Paul-Roca. Un maillot est là, pendu dans le vestiaire, qui attend André Sanac. Un André Sanac qui ne viendra pas, retenu en « Afrique orientale anglaise » par « une légère avarie de l’avion d’Air France. »… Mais même sans lui, l’Usap a gagné. Ouf!!!
..................................................................Jo Socdelac