.......Ce jour, pour le plus gros de notre rencontre hebdomadaire, je cède la plume à un scribe des années 1900. Pour une exquise pièce de musée épistolaire, sorte de « Courrier des lecteurs » avant l’heure, dans les colonnes de L’Indépendant déjà, dans la rubrique « A propos de football. ». Football, ainsi que l’on appelait notre rugby à l’époque. A déguster sans modération. Jusqu’au bout du bout.

..............................................................................................................Monsieur le Rédacteur.

.......L’auteur anonyme du compte-rendu Etoile sportive perpignanaise-Union athlétique du Collège de Perpignan souffrirait-il qu’on rectifie quelques points de sa tendancieuse épistole ?
.......Tout d’abord, qu’il me permette de le lui dire, il n’est pas « dans le ton ». Vraiment point n’est besoin de chanter victoire et de crier sur les toits le courage des « maillot blanc ». (Sic !)
.......L’essai que marque l’héroïque (!) Thalamas n’est pas à vrai dire un exploit homérique ! Qu’on se rappelle les circonstances. A la suite d’un « en avant », toute la ligne de trois-quarts-Etoile s’arrête net, confiante en la promptitude de l’arbitre. C’est alors que la faute n’étant pas sifflée, Achille Thalamas arrive sans encombre sur le but adverse et marque triomphalement les 3 points dont se glorifie maintenant l’Uacp. Quiconque est impartial conviendra que cela ne vaut pas vraiment la peine de décerner des brevets d’héroïsme. D’autre part l’équipe de l’Esp n’était pas au complet. Il manquait quatre des meilleurs équipiers, y compris l’arrière. D’où il ressort évidemment que le « courage » des potaches de l’Uacp se réduit à peu de chose.
.......L’Esp ne se tient nullement pour battue. Elle se chargera de le prouver à une prochaine revanche.

..........................................................................................................(Signé……………………) G.Touvu.

.......Ah !!! Le fol amour mène G.Touvu au total aveuglement peut-être, au manque de discernement pour le moins. Publiée le 22 février 1904, sa lettre de protestation eut réponse le 24 du même mois de la même année dans les mêmes colonnes. Superbe, elle aussi. Vous la lirez… Il vous faudra attendre la prochaine semaine. Patience ! Ce n’est pas si loin.

.......................................................................................................................................................................Jo Socdelac