.....Montflaquin ! Le nom est beau qui sonne bien quand il tape aux oreilles. Pas beau sur les terres du Boulou pourtant. Là, Montflaquin est synonyme de défaite. Amère. Allez, je vous explique... Vous trouverez Montflaquin en Lot et Garonne. Tout près de Villeneuve-sur-Lot. Le berceau, l’académie du rugby à 13. Le catalan Jean Daffis y a usé ses crampons du temps de ses plus belles jambes. Aujourd’hui, il finit son temps de jeu à Montflaquin. A presque 40 printemps, il en est le maître à jouer, la tête pensante. Pilier à XV (Us. Perpignan, ensuite Villeneuve XV puis XIII), il est troisième ligne à Monflaquin XIII. Avec la même efficacité.
.....Aujourd’hui, c’est le 25 mai 1945. Montflaquin rencontre Le Boulou XIII en finale d’un Championnat de France des séries. Il est déjà sportif, ce Boulou-là. Il est aussi actif, ce Boulou-ci. Il a drainé bien des supporteurs vers Foix, avec oriflammes, clairons et espérances les plus folles rivées aux cœurs et aux corps… Le match démarre bien. Dès la 5ème minute, « le centre Peus troue et marque l’essai. »… Le centre Peus ? Oui, oui ! C’est Claude. Claude Peus, le co-président du Boulou sportif XV 2014. Ses qualités d’alors ? Tête froide. Décision juste. Calme dans la tempête. Jambes de feu (Il ne les a – peut-être ? – plus, ces jambes. A 80 balais, on le lui pardonne. Surtout qu’il a gardé tête, décision et calme.)… D’un maître coup de reins, Claude Peus vient donc de tracer la voie. Royale.
.....Les choses se compliquent (sérieusement) quelques petites minutes plus tard. « Peus suit un de ses coups de pied et est mis à terre volontairement et brutalement. » Oh les bandits ! Ils viennent de nous blesser notre Claude qui « ne sera plus, jusqu’à la fin du match, qu’un figurant. »… C’est bien connu, braves gens ! En rugby, quand on en descend un, ce n’est jamais le plus mauvais du lot. La blessure de Claude Peus s’avéra donc être un lourd handicap et Montflaquin grignota le score. Petit à petit. Inexorablement. 17 à 8 à l’arrivée. 17 points défavorables dont 8 (2 pénalités et 1 transformation) de Jean Daffis. C’est toujours par les siens que l’on est trahi.
.....Ah, si Claude…!!! Comme le nez de Cléopâtre a changé la face du monde, la cuisse de Claude aurait pu/dû changer la face d’un rugby boulounenc qui a attendu 1989 et 2009 pour inscrire son nom sur les tablettes du rugby (à XV cette fois). Et ce n’est que justice tant on fait bel et bon boulot au Boulou… Bel et bon boulot au Boulou !

..............................................................................................Jo Socdelac