.....Le 7 octobre 1964 pour la première fois de l’Historia nostra, les représentants des Iles Fidji sont chez nous en Rossello. Raymond Rebujent et Yves Pujol apportent la coloration Usap. René Monié (qui défend à présent les couleurs de Côte Vermeille) opère à l’ouverture. On reconnaît aussi Clément Grau (encore Biterrois patenté) et André Quilis (Narbonnais grand teint). Ils porteront plus tard le maillot bleu azur. Ils sont la touche locale dans une Sélection Languedoc-Roussillon-Pyrénées… Le match draine 5.090 spectateurs autour des barrières du stade Gilbert-Brutus. Il est perdu, ce match. Snif, snif ! Mais le véloce puncheur Clément Grau marque un essai. Ouf ! 20 à 5 à l’arrivée. 4 essais à 1.
.....Le lendemain, le titre s’étale sur 7 colonnes et sur 2 lignes en pages Sports de L’Indépendant… « A défaut de rugby complet, l’équipe des Iles Fidji nous a offert un jeu très vif, sympathique, à l’emporte pièce, qui a nettement désorienté la Sélection. »… Nettement désorienté la Sélection !!! Tu parles. Les Fidji, maintenant on connaît. Le 7 octobre 1964, c’était une grosse découverte et l’étonnement fut total… Morceaux choisis.

  • « On a vu des piliers qui sont plus rapides que nos trois-quarts. »
  • « Départ de Cavu Siulasu. Il jaillit de la mêlée, tape un petit coup de pied à suivre au-dessus des trois-quarts, reprend le ballon qu’il offre à Jope. »… Cavu Siulasu est un pilier de mêlée, Cope un seconde ligne.
  • « Quand une équipe possède des avants (…) qui vont aussi vite, soyez persuadés que ceux des lignes arrière sont au moins aussi rapides. »
  • « L’arrière Seru Thuiseve est une véritable armoire à glace, qui ne manqua aucune réception et assura tous ses dégagements puissants, aussi bien du pied droit que du pied gauche. »

....;Bref ! L’étonnement passé, la Sélection avait pris quatre « essais éclairs » dans la valise et nos Catalano-Audois se gratouillaient la tête pour essayer de comprendre ce qu’ils ne pouvaient pas croire… Maintenant, on sait. Le petit écran nous a repus des exploits des Napoleoni Nalaga, Jo Rocococo, Rupeni Caucanibuca… Des gars style secondes lignes en position d’ailiers qui font plus de 100 kilos et courent le 100 mètres en moins de 11 secondes… Je me rappelle. Après la séquence Surprise surprise, laissez-moi ouvrir l’armoire aux Souvenirs souvenirs… C’était aux alentours du début des années 90. Franck Boisvert, sympathique et talentueux globe-trotter du rugby, m’avait parlé de ces Iliens qu’il trouvait extraordinaires (dans le plein sens du terme) et il était sûr que ces montres de muscles révolutionneraient le rugby. Il me sortait des mensurations colossales et des chronos effrayants. Et j’écarquillais les yeux. Tout en grand… Je l’avais pris pour… un doux rêveur. Je bats ma coulpe. Il était dans le vrai.

......................................................................................................Jo Socdelac