.....Après avoir battu Millas en finale départementale 1958, Cabestany est champion du Roussillon Promotion (Millas se retrouvant champion, toujours du Roussillon, 2ème Série) et a gagné le droit de partir sur les routes du Championnat de France.
.....Le 13 avril (1958), Cabestany est à Espéraza et trouve Saint Juéry sur son chemin. Les deux équipes en sont au stade des 8èmes de finale pour une rencontre âpre, tendue mais en définitive équilibrée… 0 à 0 au moment de la pause… Toujours 0 à 0 au terme des 80 minutes réglementaires… Encore 0 à 0 après 110 minutes de jeu dont 30 de prolongations… Retour au vestiaire où arbitre et délégué consultent les licences, font et vérifient leurs comptes pour finir par proclamer Saint Juéry vainqueur au bénéfice de la plus petite moyenne d’âge de ses joueurs. Ça ne se fait plus de nos jours
.....Oui mais… Les dirigeants de Cabestany posent réclamation. Le cas monte à la Fédération pour examen par la Commission ad hoc… Dix jours plus tard, la sentence tombe… Saint Juéry est mis hors compétition et Cabestany est « requalifié »… Saint Juéry a fait jouer trois des siens (Galinier, Bernon et Cougnenc) alors qu’ils avaient eu une licence et avaient pratiqué le XIII (à Rodez et Albi). C’était un péché mortel à l’époque qui conduisait à l’excommunication du rugby orthodoxe. Y’avait pas pire dans la gradation des fautes. Nul acte de rédemption ne pouvait sauver le pécheur.
.....En ce temps aussi, l’Oscar Martini récompensait le sportif languedo-roussillonnais qui s’était mis en valeur au cours de la semaine… Pour rencontrer Saint Juéry, Cabestany, qui déplorait plusieurs blessés et redoutait le pire, était allé réactiver son pilier dormant Joseph Taulet. Le samedi soir précédent la rencontre. A cours de compétition, sans entraînement, en défaut de forme (ça fait quand même beaucoup, mis bout à bout) mais n’écoutant que l’amour qu’il portait à son club et au rugby, Joseph Taulet avait dit oui. Un oui rapide, franc et massif ! Le dimanche à 15hs, il était au milieu des siens pour devenir « un des meilleurs avants de la rencontre. », affirma la Presse dans le compte-rendu (succint) de cette rencontre éliminatoire.
.....L’Oscar Martini (Paco Gimenez, Puig-Aubert, Manu Ologaray, Jean-Pierre Marty entre autres en ont aussi été les brillants lauréats, ceci étant dit pour situer la valeur de la distinction) de meilleur joueur de la semaine fut attribué à Joseph Taulet et lui fut remis au siège du club. En grande pompe et dans une ambiance des grands jours… Une qualification plus une récompense, ça fait deux (immenses) bonheurs pour le prix d’un et ça se fête ! Les Cabestanencs les ont fêtées.

........................................................................................ Jo Socdelac