Saison 1965-1966, Le Rc.Pézilla joue en Troisième Division…
Le 7 novembre, le calendrier prévoit que les Pézillanais doivent recevoir Carcassonne. Mais le stade Louis-Blad est impraticable et, pour ne pas rester un dimanche inactifs, après accord de leurs secrétariats, les deux clubs acceptent d’inverser l’ordre des rencontres. Le match aller se joue donc à Espéraza. Carcassonne le gagne. On se serre la main et on se quitte copains en se promettant de jouer un aussi beau rugby le 23 janvier (1966) pour le match retour à Pézilla. Oui mais ne voilà-t-il pas que Dame Deuzeffère pique la mouche et exige que la rencontre du 23 janvier se joue encore à Carcassonne 
Le Rc.Pézilla voit rouge et se sent victime d’une décision injuste. Il se juge contraint de jouer deux fois la même partie à l’extérieur. Il rouspète. Ses récriminations n’y changent rien. La Fédération tient bon… Le 23 janvier, le Rcp est de la sorte au pied de la Cité… Avec 10 juniors dans ses rangs. Qui vont faire de la figuration pendant 80 minutes. « Seuls, le « vétéran » Blanc (37 ans), Albi et Palofils » essaieront (sans succès) de secouer le cocotier. C’est un immensément long cavalier seul des troupes carcassonnaises pour un… 106 à 0 qui se passe de trop de commentaires. 26 essais (à 3 points, comme il est d’usage en ce temps). 1 toutes les 3 minutes, le temps de la tentative de transformation et de la remise en jeu comprises. 14 transformations. Pas 1 seule pénalité sifflée dans cette parodie de rugby. Et l’honneur des Pézillanais en prend un sacré coup derrière les oreilles. La honte ? Ad vitam aeternam ! D’autant que l’arbitre de la partie, M.Artuzo, vient porter le coup de grâce, une fois la fin sifflée. Fort de l’autorité que lui confère sa fonction, il enfonce la porte du vestiaire et de sa voix de stentor, cloue les (jeunes) Pézillanais au pilori. Des mots claquent qui font un mal énorme… « Inadmissible »… « Esprit sportif bafoué »… « Roulé le public qui était passé au guichet »… « Rapport en bonne et due forme aux instances fédérales. On ne peut pas se moquer du monde impunément »… Et pourtant oui, puisque je n’ai pas trouvé la moindre trace de sanction. Le Rc.Pézilla s’est bel et bien moqué du monde impunément… Pas tout à fait quand même. Il y a le fardeau de la honte, le surmoi de Freud… Et il est lourd à porter. Le fardeau de la honte… Freud, je ne sais pas. Je ne connais pas son poids.

..........................................................................................................Jo Socdelac